Prothèse de hanche: une nouvelle technique de pointe

Prothèse de hanche: une nouvelle technique de pointe

À l’hôpital de Nivelles, le Service de Chirurgie orthopédique pratique une technique innovante de pose de prothèse de hanche par voie antérieure mini-invasive. À la clé : une récupération nettement plus rapide de la mobilité.
Pourquoi une prothèse?

La hanche est une articulation essentielle qui relie le fémur (l’os de la cuisse) et le bassin. Malheureusement, son cartilage peut s’user ou être endommagé… On parle alors de coxarthrose. En cause? «Le vieillissement, la pratique intensive d’un sport ou encore certaines activités professionnelles», développe le Dr Simon Najm, Chef du Service de Chirurgie orthopédique de l’hôpital de Nivelles. Douloureuse, la hanche abîmée compromet la marche et de nombreuses activités du quotidien. Une intervention chirurgicale destinée à la remplacer par une prothèse est alors parfois la seule façon de récupérer une articulation indolore et fonctionnelle. «Cet acte médical peut également être la solution face à une dysplasie de la hanche (malformation congénitale) ou en cas de traumatisme (chute, accident de la route…).»

Les méthodes conventionnelles

Pour implanter la prothèse, le chirurgien peut accéder à l’articulation de la hanche par différentes voies. «En Belgique, deux écoles coexistent principalement: la pose par voie externe de Hardinge et la pose par voie postérieure de Moore. Sans rentrer dans les détails techniques, ces deux méthodes impliquent de décoller ou de couper les tendons de l’articulation, avant de les réinsérer ou de les suturer.» Toujours d’actualité et couramment pratiquées, ces techniques donnent de bons résultats, mais elles comportent aussi leur lot de complications possibles: déboîtement de la prothèse (luxation), ossification (formation d’os autour de la prothèse), boiterie persistante...

Une technique mini-invasive

Une technique récente s’avère ainsi particulièrement innovante et performante: la pose de la prothèse totale de hanche par voie antérieure mini-invasive… Le Dr Najm – un des premiers chirurgiens orthopédiques à l’avoir pratiquée au sein du groupe Jolimont – l’applique depuis 6 ans et le Dr Asaftei depuis 2 ans. L’intervention dure environ 1 heure sous anesthésie générale. «Pour atteindre l’articulation, le chirurgien procède à une petite incision cutanée de 10 cm et se crée un passage entre les fibres musculo-tendineuses. Il ne sectionne donc aucun tendon ni aucun muscle!» À la clé? Des avantages importants pour le patient avec, entre autres, un faible saignement pendant l’opération, une diminution importante des douleurs post-opératoires, une réduction significative du risque de luxation et une récupération fonctionnelle beaucoup plus rapide.

Marche sans béquilles après 20 jours

La durée d’hospitalisation est ainsi nettement réduite. «Je prescris un séjour hospitalier de 5 jours mais, très souvent, le patient peut sortir plus tôt.» S’il marche quelques heures après l’intervention, celui-ci aura en général besoin de l’aide de deux béquilles pendant à 7 à 10 jours, puis d’une seule béquille pendant une durée similaire, avant de pouvoir s’en passer totalement… «Cela signifie que le patient retrouve sa pleine mobilité après seulement deux grosses semaines!» Et des séances de kiné ne sont même pas toujours nécessaires…  

Autre bonne nouvelle: cette technique mini-invasive peut compter sur d’autres progrès de la chirurgie orthopédique, comme la nouvelle génération de prothèses en céramique (couple de frottement céramique-céramique). «Comme elles ont l’avantage de ne pas s’user, le patient est parti pour 30 ans avec sa nouvelle hanche[Jolimont1] [u2] !» Soit près du double de temps par rapport à d’autres types de prothèse…

 

Une opération de haute technicité

Les Drs Simon Najm et Razvan Asaftei pratiquent tous deux la pose de prothèse totale de hanche par voie antérieure mini-invasive. Un atout pour les Centres Hospitaliers de Jolimont puisque, malgré les avantages évidents de cette technique pour les patients, les chirurgiens orthopédiques sont encore peu nombreux à la pratiquer en Belgique…

Au vu de ses avantages, pourquoi cette technique ne s’est-elle pas encore généralisée?

C’est d’abord une question d’habitude; les chirurgiens confirmés ont généralement été formés aux autres méthodes conventionnelles. Ensuite, il faut souligner que c’est une technique de réalisation difficile pour l’opérateur avec, notamment, le risque de fracturer le fémur du patient au cours de l’opération. La courbe d’apprentissage est donc assez longue, ce qui explique que seuls 10 à 20% des chirurgiens l’utilisent actuellement dans notre pays.

Mais c’est une technique pleine d’avenir…

Attention, cette méthode n’est pas applicable à tous les patients. On continue à lui préférer d’autres techniques, par exemple en cas d’obésité ou d’ostéoporose. Mais quand elle est possible, c’est véritablement le jour et la nuit au niveau post-opératoire pour le patient! Les jeunes générations de chirurgiens n’ont donc plus le choix et, à l’avenir, ils sont donc forcément amenés à se former à cette nouvelle approche.

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